Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/119

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Le comte de Barcelone, comme par une inspiration de Dieu, voulut un jour faire une grande chasse sur la montagne de Montserrat.

Ses lévriers et ses chiens de courre arrivent à l’ermitage de Jean Guérin et se mettent à aboyer tous à la fois, sans oser avancer, en voyant un animal si étrange.

Les chasseurs accoururent à ce vacarme et furent saisis d’épouvante. Un d’eux, tout effaré, alla en instruire le comte.

Le comte répondit que, s’il y avait moyen de prendre l’animal, sans lui faire aucun mal, il fallait s’en rendre maître.

On le prit, sans qu’il opposât aucune résistance, et on le conduisit devant la noblesse, dans la maison du comte, à Barcelone, afin que les dames pussent le voir.

On le mit dans l’écurie du château ; on l’y attacha avec une corde, et on lui jeta du pain noir, comme on l’aurait fait à un chien.

Un jour, un grand banquet fut préparé chez le comte, et on y convia toute la noblesse du pays, afin de se réjouir.