Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/151

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L’enterrement arriva. Le cercueil fut déposé sur les tréteaux funèbres, entouré de cierges, et Thérèse alla s’agenouiller et prier auprès. Le prêtre monta à l’autel et célébra la messe des morts. Puis, après avoir chanté le Libéra, il prit le goupillon, que lui présenta le sacristain, et fit le tour du cercueil en l’aspergeant d’eau bénite.

— Jésus mon Dieu !... cria en ce moment Thérèse, en se levant et en reculant d’horreur.

Tous les assistants la regardèrent, étonnés, car personne n’avait vu rien d’extraordinaire. Quatre hommes enlevèrent alors le cercueil, pour le porter au cimetière. Thérèse le suivit, comme tous ceux qui se trouvaient là. Quand il fut descendu dans le trou de terre, le prêtre l’aspergea d’eau bénite une dernière fois, en disant : Requiescat in pace !

Thérèse se leva encore, tout effrayée, et poussa la même exclamation :

— Jésus mon Dieu !...

Tout le monde était scandalisé. Le prêtre l’apostropha à haute voix et lui dit de se retirer.

Thérèse s’en alla, toute honteuse, rentra dans l’église et s’agenouilla devant l’autel, et pria longtemps pour l’âme du défunt. Puis elle alla se confesser au prêtre qui avait fait l’enterrement. Celui-ci la reconnut et lui dit qu’il ne la confes-