Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/344

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et j’aimais beaucoup, comme aujourd’hui du reste, les histoires de revenants et les contes merveilleux.

On est au mois de décembre ; le temps est froid et la terre couverte de neige. Après le repas du soir terminé, après la vie du saint du jour lue en breton, et les prières récitées en commun, à haute voix, toute la maisonnée — maîtres, enfants, serviteurs et journaliers — est réunie en cercle autour d’un grand feu, qui pétille et flamboie gaiment dans la vaste cheminée de la cuisine. On parle d’abord du temps qu’il fait, des travaux de la saison, des semailles en retard, de chevaux, de bœufs ; puis, insensiblement et comme par une pente naturelle, la conversation en arrive aux histoires de revenants, aux contes merveilleux et aux superstitions courantes du pays, et chacun conte son histoire et place son mot.

— La nuit de Noël approche, dit Pipi Riou, le charretier ; s’il continue de faire ce temps-là, il ne fera pas beau aller à la messe de minuit.

— D’autant plus qu’il n’y aura pas de clair de lune, répondit Jolory, un des domestiques.

— On raconte bien des histoires singulières sur la nuit de Noël, dit le vieux Talec, journalier.

— Oui ; aussi, cette nuit-là, reprit Jolory, nul