Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/88

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Quand tout fut terminé, l’ermite prit congé de Touina et lui dit :

— À présent, mon enfant, je retourne à mon ermitage, dans le bois où vous m’avez trouvé, pour faire pénitence et attendre la mort, quand il plaira à Dieu de me l’envoyer. Quant à vous, continuez d’aller tous les jours à la messe et d’être dévote à la sainte Vierge ; ne vous plaignez jamais des épreuves qu’il plaira à Dieu de vous envoyer, et ne vous mettez pas en colère, quoi qu’il puisse vous arriver. De plus, à présent que vous voilà riche, ne refusez jamais l’aumône au pauvre qui vous demandera, au nom de Dieu, et, quoi qu’il puisse vous, demander, donnez-le-lui.

Touina promit de suivre minutieusement ses recommandations, et le vieillard partit.


Voilà Touina grande dame à présent. Mais, dans la prospérité, elle n’oublia pas qu’elle avait été malheureuse. Son cœur était plein de compassion pour tous les malheurs, pour toutes les misères, et personne ne s’adressait jamais à elle sans être secouru et consolé.

Au bout d’un an de mariage ou environ, elle, donna le jour à un fils. L’enfant fut baptisé, puis, mis en nourrice chez une fermière, où il devait rester trois ans. C’était un enfant superbe, et il venait à merveille.