Page:Luzel - Soniou Breiz Izel vol 2 1890.djvu/23

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   — Ma fille, dit la mère, voulez-vous de la bouillie ?
— Ma mère, dit la fille, ce n’est pas à quoi j’ai goût.

   — Ma fille, voulez-vous des gaudes ?
— Ma mère, j’aimerais mieux un gars.

   — Ma fille, vous faut-il, dit-elle, de la glace ?
La pie vous mord, un peu tôt à l’oreille [1].

   — Ma mère, dit-elle, dussé-je en devenir aveugle,
J’ai envie d’homme, tout comme une autre.

   — Je crois, ma fille, que vous êtes enceinte ?
— Ma mère, vous l’avez été avant (moi).

   — Je crois, ma fille que vous êtes enceinte ?
— Ma mère, vous l’avez été, plus d’une fois.

   — Ma fille, je le dirai à mon fils.
— Ma mère, je vous en défie bien,

   Car à votre fils si vous le dites,
Vous êtes certaine d’être tuée.

   — Ma fille, ma fille, (vous avez encore) du lait dans votre nez !
— Ma mère, ma mère, de la merde dans le vôtre !

   — Ma fille, ma fille, (il est) temps de vous marier.
— Ma mère, ma mère, cherchez-moi mari !

   — Ma fille, ma fille, vous êtes une chienne !
— Ma mère, ma mère, vous êtes une huguenote [2] !


François Corfec. — Duault.
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  1. Dicton pour faire entendre qu’une femme est amoureuse.
  2. C’est, en Bretagne, la pire des insultes.