Page:Luzel - Soniou Breiz Izel vol 2 1890.djvu/63

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C’est moi, le pauvre Jeannot , le pauvre Jean, hélas !

_____Ma femme et le chef-domestique
_____Couchent dans un lit clos ;
Et moi, le pauvre Jeannot, je suis obligé de coucher sur la paille

C’est moi le pauvre Jeannot, le pauvre Jean, hélas !

_____Ma femme et le chef-domestique
_____Mangent la soupe et la viande ;
Et moi, le pauvre Jeannot, je grignote un osselet !

C’est moi le pauvre Jeannot, le pauvre Jean, hélas !

_____Ma femme et le chef-domestique
_____Vont tous deux à la foire au Faou ;
Et moi, le pauvre Jeannot, je suis obligé de bercer deux enfants.

_____Jaou ! allas !
C’est moi, le pauvre Jean, hélas !


Marie-Louise Le Goff, Locmaria-Quimper.
__________


LA CONFESSION DE JEANNETTE.
____


   Trois petites maîtresses j’avais eu.
Je ne savais pour laquelle me décider.

   Une était bossue, une autre était boîteuse,
Une autre était putain, comme sa mère.

   La bossue dit qu’elle se mariera,
Se cabre la boîteuse tant qu’elle voudra.

   Au bout de huit jours que nous étions mariés,
Voilà que tombe malade ma douce Jeannette ;

   Voilà que tombe Jeannette malade,
On fait venir le vicaire pour la confesser.

   Quand le vicaire confessait Jeannette,
Jean était à la fenêtre, qui regardait.

   (Le voilà) de jeter la porte dans la maison, d’un coup de pied,
De saluer le vicaire d’une giffle :