Page:Luzel - Soniou Breiz Izel vol 2 1890.djvu/73

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V

   Monsieur de Kerjean disait
A François Simon, ce jour-là :

   — Je t’apprendrai, François Simon,
A trousser la robe de ma dame,

   Laquelle est brodée de fil d’argent,
Et n’est pas faite pour un paysan [1] !

   François Simon répondit
A monsieur de Kerjean, quand il l’entendit :

   — Lorsqu’arriva madame au moulin,
Elle posa la main sur mon genou ;

   Elle posa la main sur mon genou,
En faisant mine de rire ;

   Et elle alla alors dans mon lit,
M’appela « poltron » de là ;

   Elle va entre deux draps blancs,
Avec un collier d’or à son cou ;

   Vous-même, monsieur, auriez fait (la chose)
A une fille jolie qui vous eût plu.

   — Dût-il m’en coûter cinq cents écus,
François Simon sera pendu !

   Madame de Kerjean disait
A sa petite servante, un jour fut :

   — Je voudrais (voir) le seigneur pendu,
François Simon à moi marié.

VII

   François Simon disait,
Sur le plus haut échelon quand il montait :

   — Je vois d’ici dix-huit tourelles,
Et, dedans, dix-huit demoiselles ;

   Elles portent Chacune un petit enfant,
Qui a les cheveux blonds comme les miens.

  1. Var. :
    — Qu’est-ce qui te prend, porc de moulin,
    De venir trousser une robe de satin ?