Page:Luzel - Soniou Breiz Izel vol 2 1890.djvu/83

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   — « Qu’elles en donnent ou n’en donnent pas,
Vous, veuf, cela ne vous fait rien du tout ! »

   Et disait le veuf ladre :
— « Si vous voulez, je leur tiendrai la queue ? »

   — « Va-t-en, bien vite, sans faire de train,
Sinon ma cuiller à pot s’appliquera sur ton échine ».

   « Va-t-en, bien vite, vieux veuf moisi,
Faire chanter un service de huitaine pour ta femme ! »

   — « Je ferai chanter service de huitaine pour ma femme,
Et pour vous-même, Soézic, s’il est nécessaire. »


Pierre Coquin, Morlaix.
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LE DEUIL D’UN ÉPOUX
CHANSONNETTE DE DANSE
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   Dimanche matin, quand je me levai,
   Ramtura rudenno !
Conduire mes moutons j’allai ;
O ramtura rudenno, o ramtura tra la la,
   O ramtura durenno !

   Quand je fus arrivée près de l’échalier,
Moi de rencontrer trois cavaliers.

   Trois cavaliers bien dégagés,
Un à cheval, et deux à pied ;

   L’un de venir et de me dire :
— Jeune fillette, donnez-moi un baiser !

   — Prenez-en un et allez en votre chemin,
Je vaux autant, à présent, qu’avant.

   Tenez-en un et allez maintenant !
J’entends mon enfant qui pleure ;