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histoire de l’académie,

sorte de taureau nommé gaour qui aurait sur le dos une série d’épines ou d’aiguillons élevés de six pouces au-dessus de l’épine du dos, mais qui par tout le reste de ses formes et de ses couleurs paraît avoir beaucoup ressemblé au bos frontalis (le gial ou jongli gaur du Bengale).

M. Geoffroy, adoptant cette description, suppose que ces épines répondent aux épiphyses des apophyses épineuses des vertèbres dorsales. Passant ensuite à des considérations plus générales, il juge que ces apophyses elles-mêmes sont représentées dans les poissons par les rayons de leurs nageoires dorsales. Pour établir ce point de théorie, il fait connaître la composition générale de toute vertèbre, telle qu’on l’observe dans les fœtus de mammifères, et même dans les adultes de la classe des poissons.

Il la trouve fondamentalement divisible en neuf pièces primitives, savoir : une partie centrale, d’abord tubuleuse, qui en fait le corps, et qu’il nomme cycléal ; des branches supérieures au nombre de quatre, enveloppant le canal médullaire, et dont il nomme celles qui forment les côtés de l’anneau, périal, et celles qui s’élèvent au-dessus en forme d’apophyse, épial ; des branches inférieures, également au nombre de quatre, et enveloppant d’une manière à peu près pareille les vaisseaux sanguins ; qu’il nomme paraal et cataal : mais ces pièces ne sont pas toujours disposées en forme d’anneaux ; elles prennent, selon l’auteur, des positions diverses au gré des circonstances. Dans les parties où le système nerveux et le sanguin ne forment plus que des filets grêles, une paire d’os suffit pour le contenir ; et les deux branches de l’autre paire, de la paire externe, se trouvant alors inutiles à leurs fonctions ordinaires, sont prêtes, dit-il, à prendre toute sorte de services ailleurs. Pour servir, par exemple, de baguettes aux nageoires dorsale et anale, elles montent l’une sur l’autre ; l’une se maintient au-dedans, l’autre s’élance au-