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Page:Mémoires de l’Académie des sciences, Tome 6.djvu/174

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s’appuyaient leurs procédés. On croyait à la naissance, à la maturité des métaux ; il fallait, disait-on, aider la nature pour les perfectionner. Le mercure, le soufre, le sel, diversement modifiés, formaient leurs éléments ; en un mot, la métallurgie parlait presque partout le langage de l’alchimie.

La géologie était bien plus éloignée encore d’avoir atteint une forme scientifique. À peine Lehman venait-il de distinguer d’une manière fixe les montagnes à couches, et les montagnes à filons. Toutes ces autres lois de détail qui président à la superposition des minéraux, n’étaient pas même soupçonnées ; Desaussure n’avait point voyagé, Deluc n’avait point écrit ; Werner n’avait point encore, par la force d’un génie supérieur, coordonné en quelque sorte l’univers minéral.

C’est une réflexion que nous sommes souvent obligés de faire, lorsque nous avons à retracer l’histoire de ceux de nos confrères dont la carrière a été longue : alors les idées et le langage qui régnaient pendant leur jeunesse dans les sciences, se reproduisent à nous, et il nous semblerait que nous sommes remontés à quelque peuple de l’antiquité. Un demi-siècle a suffi pour tout métamorphoser, et probablement que dans le même espace de temps, nous serons aussi devenus des anciens pour la génération qui s’élève : motifs de ne jamais oublier la respectueuse reconnaissance que nous devons à nos prédécesseurs, et de ne point repousser sans examen les idées nouvelles qu’une jeunesse ardente conçoit, et qui, si elles sont justes, prévaudront malgré tous les efforts que l’âge présent pourrait faire.

Ce qui est certain, c’est que les faits que MM. Jars et Duhamel recueillirent sont très nombreux, qu’à cette époque