Page:Mémoires de l’Académie des sciences, Tome 6.djvu/85

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sidéraux plus composés. Ce sont des systèmes de corps lumineux évidemment rapprochés et retenus par une cause subsistante, et qui se meuvent ensemble autour d’un centre commun.

De là Herschel passe à la description des nébuleuses ou de ces taches lactées et confuses irrégulièrement disséminées dans l’étendue des cieux.

Il a principalement observé la voie lactée, qu’il regarde comme une seule nébuleuse formée de plusieurs millions d’étoiles. Il en voyait plus de cinquante mille qui traversaient en une heure le champ de son télescope. Toutes ces étoiles sont distribuées dans une multitude de couches très-étendues en longueur et largeur, et tellement superposées, que l’épaisseur du système est beaucoup moindre que les deux autres dimensions. Les astres qui nous paraissent avoir le plus d’éclat sont au nombre de ceux que renferme la voie lactée. Il en est de même du soleil, centre de nos orbites planétaires ; et c’est pour cela qu’étant placés dans l’intérieur de cette nébuleuse, nous l’apercevons comme une zone qui divise et entoure le ciel. La première origine de ces vues se trouve, si je ne me trompe, dans les écrits de Kant, et ensuite dans ceux de Lambert, l’un des principaux géomètres de l’Allemagne. Mais Herschel, de qui ces ouvrages n’étaient point connus, ne s’est pas borné à des considérations générales. Il a déduit d’observations positives et multipliées cette explication, qui avait été entrevue par le célèbre philosophe de Kœnisberg et par l’académicien de Berlin.

Il distingue parmi les nébuleuses celles que des télescopes puissants résolvent en une multitude d’étoiles séparées, celles où l’on remarque un ou plusieurs centres brillants, et celles