Page:Ménard - Du polythéisme hellénique, 1863.djvu/280

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mêmes avaient de peine à se débrouiller au milieu du labyrinthe de leurs antiquités religieuses. Toutes ces corporations sacerdotales à moitié mythologiques se rattachent aux Pélasges, c’est-à-dire aux origines de la nation grecque et de sa religion. Dès cette époque, les populations de la Grèce, des côtes de l’Asie Mineure et des îles de l’Archipel, avaient une religion commune, au moins dans ses traits généraux. Le fond de cette religion était le culte du Ciel et de la Terre. Les orages, le tonnerre, la naissance et la mort des productions terrestres, fournissaient les éléments d’une foule de légendes religieuses qui se développèrent peu à peu sous les formes les plus variées. Les rapports qu’on observe entre les anciens prêtres de Zeus, les compagnons mythiques de Dionysos, les serviteurs de la Mère des Dieux, les ouvriers d’Héphaistos, et même les Titans, sont faciles à expliquer si on remonte à cette religion du Ciel et de la Terre d’où sortiront et le culte de l’éther créateur, et celui du feu, et ceux de la production et de la vie organisée. On ne doit donc pas s’étonner de trouver si souvent les mêmes idées sous des formes mythologiques différentes, par exemple, des dieux mutilés, des dieux qui meurent et qui ressuscitent. De la représentation symbolique des aventures divines, c’est-à-dire des phénomènes physiques, par les prêtres qui finissaient par prendre dans les traditions un caractère divin, sortaient bientôt des légendes nouvelles ; ainsi le mythe de Dionysos tué par les Titans est reproduit dans la fable du troisième Cabire mis à