Page:Ménard - Du polythéisme hellénique, 1863.djvu/282

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Pamméropè et Saisara. Le plus jeune des enfants d’Eumolpe, Kéryx, survécut à son père. Mais les Kèrykes (crieurs, hérauts) qui en descendent, disent qu’il était fils, non pas d’Eumolpe, mais d’Aglauros, fille de Kékrops (Cécrops), et d’Hermès. »

Telle était la légende qui faisait du sacerdoce des déesses d’Eleusis le patrimoine des familles indigènes de cette bourgade, les Eumolpides, les Kérykes et les Lykomèdes, quoique Athènes fût devenue la capitale de l’Attique, et que le culte particulier de chaque canton fît partie du culte national des Athéniens. L’existence de familles sacerdotales s’explique ainsi par la transformation des cultes privés en cultes publics, résultat naturel de l’union des tribus en corps de nation. Le respect des droits héréditaires avait été combiné avec le principe démocratique de l’élection ; les prêtres d’Éleusis étaient choisis par les citoyens, les prêtresses par les femmes d’Athènes, mais toujours dans les familles éleusiniennes. Il n’y avait rien d’incompatible pour les Grecs entre le respect des traditions et le sentiment républicain. La république n’étant que l’application des principes de leur religion, ils n’avaient pas eu besoin de révolutions pour y arriver. Dans la période héroïque on trouve le germe de toutes les institutions républicaines des siècles suivants. A Athènes, les conservateurs étaient des démocrates, car on faisait remonter la démocratie à Thésée, c’est-à-dire à l’époque mythologique. Athènes a été la république la plus démocratique qui ait jamais existé, cependant les familles