Page:Ménard - Du polythéisme hellénique, 1863.djvu/291

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


voir dans le ciel une puissance divine. Zeus peut donc ressembler à tous les dieux qui représentent le ciel chez d’autres peuples, comme les divinités solaires se ressemblent dans toutes parties du monde, sans qu’il soit nécessaire de supposer des emprunts réciproques. Mais en écartant l’idée d’une importation égyptienne, on peut expliquer une confusion entre les colombes et les vieilles femmes qui les interrogeaient, par le double sens du mot peleia, colombe, qui signifie vieille dans le dialecte des Molosses et des Thesprotes, habitants de l’Hellopie. Ces femmes étaient des prêtresses de la grande Déesse pélasgique Diônè, l’humidité céleste (de diainein). Selon Strabon, l’association de cette déesse avec Zeus fit attribuer a ses prêtresses le caractère fatidique des Selles, prêtres du dieu de Dodone. (Il y a un passage de lIliade où il est question des Selles). L’épithète dusceimeros, qu’Homère donne toujours à Dodone, convient parfaitement à un lieu consacré au dieu des tempêtes. Les échos de Dodone avaient passé en proverbe ; Étienne de Byzance parle de trépieds d’airain se transmettant successivement les vibrations sonores, de courroies d’airain frappant, sous l’action du vent, un vase de même métal, et rendant des sons très prolongés. Dans lArrhéphore, pièce perdue de Ménandre, une femme bavarde était comparée à l’airain de Dodone qui retentit toute la journée si on le touche une fois. Il est pro-