succès, et qui avait l’intention de donner différentes pièces de son répertoire en matinées publiques sur le théâtre des Menus-Plaisirs, songea à mon acte.
La censure opposa son veto, M. Fallières étant ministre.
Antoine n’ayant pas donné suite à son projet, je ne songeai pas à protester. C’eût été un coup d’épée dans l’eau, puisque aussi bien la pièce n’eût pas été jouée.
Deux ans s’écoulent encore. Je reçois un beau matin, il y a de cela deux mois, une lettre du pauvre Brasseur, le directeur des Nouveautés récemment décédé. Je réponds à son appel.
— Avez-vous quelque chose de tout prêt pour entrer en répétition de suite ? me demande-t-il à brûle pourpoint.
— Ma foi, non. Vous me prenez au dépourvu !
— C’est un peu fort ! Plus moyen de rien trouver... les vieux n’ont plus rien dans le ventre... les jeunes n’ont rien dans leurs cartons. Eh bien ! comme je veux quelque chose de neuf et que je suis pressé, indiquez-moi une pièce jouée au Théâtre-Libre