Page:Müller-Simonis - Du Caucase au Golfe Persique.pdf/627

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fleuve jaillit du souterrain dans lequel son cours s’est momentanément dérobé, il s’érigea à lui-même une statue accompagnée d’une inscription, comme s’il eut voulu maintenir les populations indigènes dans l’obéissance en leur rappelant ses victoires, et en même temps, indiquer à ses successeurs la porte de la grande Confédération du Naïri (ou pays des fleuves) qui s’étendait alors jusqu’en Arménie.

Ces premiers et brillants succès ne furent pourtant pas durables ; bien plus, ils faillirent coûter à l’Assyrie l’indépendance qu’elle avait conquise par plusieurs siècles de luttes contre la Chaldée. La dynastie des Cosséens qui régnait alors à Babylone, profita de l’éloignement des légions assyriennes pour s’emparer de tout le territoire compris entre les deux Zab. Évidemment l’Assyrie n’était pas encore en état de tenir tête, à la fois, à la Chaldée et aux autres royaumes dont elle convoitait les territoires.

On en voit une nouvelle preuve sous le successeur de Salmanasar Ier, Téglath-Adar ier. Ce roi, il est vrai, reconquit le territoire que les Chaldéens avaient enlevé à son père ; ses armes même furent si heureuses, qu’il eut la gloire de régner un instant dans Babylone. Mais cette victoire avait coûté cher à l’Assyrie et, à l’issue de la guerre, elle se trouva encore plus épuisée que la Chaldée. Téglath-Adar n’avait pas plus tôt fermé les yeux, que son empire s’écroulait comme un château de cartes. La vieille Chaldée avait montré qu’elle avait encore plus de vitalité que la jeune Assyrie. Il n’était plus question de conquêtes au Nord ou à l’Ouest ; il avait même fallu renoncer à celles de Salmanasar ier.

Il fallut presque deux siècles à l’Assyrie pour remonter au niveau qu’elle avait atteint sous Téglath-Adar.

Avec Téglath-Phalasar (1130 — 1100) seulement, elle put s’affranchir du joug de la Chaldée et aspirer de nouveau à la possession de l’Arménie. Téglath-Phalasar recommença d’abord la conquête du haut Tigre qui portait alors le nom de Kummuh. Ce ne fut qu’une