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LE CHANT DE L’ÉQUIPAGE

― Ne faites pas l’imbécile, dites-le.

Elle approcha son oreille du visage de Pointe qui retira sa pipe en terre pour lui confier son secret.

― Qu’il est bête ! déclara Marie-Anne toute rougissante.

Puis elle lui donna une gifle.

Pointe exultait. Il montrait Krühl avec le tuyau de sa pipe.

― Ce n’est pas moi qui l’ai dit, ce n’est pas moi.

Bébé-Salé, tenant son verre à deux mains, clignait de l’œil avec intelligence et sifflait de jubilation devant la tournée en perspective.

Krühl commanda du cidre et Marie-Anne prit un verre d’anisette.

― Comment est-il ce gars-là, enfin ? demanda le hollandais.

Bébé-Salé, clignant toujours de l’œil, indiqua avec des gestes, car il ne s’exprimait que par signes, la hauteur, la largeur, le volume de l’inconnu.

― Ah ! ah ! fit Marie-Anne. Il n’est pas si petit que cela. Il est de la taille au père Palourde.

― C’est ce que je vois, dit Krühl, c’est encore un grenadier qui peut passer sous un petit banc sans baisser la tête.

― Quelle chambre va-t-on lui donner ? demanda Pointe.