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LE CHANT DE L’ÉQUIPAGE

― Où donc ?

― Sur la terrasse.

Pointe sortit du lit et s’approcha de la fenêtre, suivi du Hollandais. Il entr’ouvrit les rideaux, se frotta les yeux, puis se retourna vers sa table de toilette, prit un verre qu’il remplit d’eau. Il l’avala d’un trait et revint à la fenêtre.

― Ah ! oui !… dit-il.

― Ça fait une heure qu’il est comme ça, ajouta Krühl. C’est un individu dans le genre des crocodiles du Jardin des Plantes, on pourrait le contempler une journée entière sans le voir essayer un mouvement. Quel drôle de corps !

Pointe s’habillait, enfilait une à une les différentes pièces de son costume de chasse en toile rouge. Quand il eut terminé, il trempa une brosse à cheveux dans un pot à eau ébréché et lissa soigneusement ses cheveux blanc avant de les partager par une raie impeccable. Sa toilette était terminée.

― Allons-y ! dit-il.

Krühl et lui descendirent dans la salle à manger où Mme Plœdac apprêtait trois bols et des tartines taillées dans la plus grande largeur de la miche.

Pointe et le Hollandais s’assirent à leur place habituelle et l’étranger pénétra dans la pièce.

Il salua, posa son chapeau sur une chaise et esquissa un sourire dans la direction des deux camarades.