Page:Malato - De la Commune à l'anarchie, Tresse et Stock, 1894.djvu/258

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


quelques discussions, courtoises mais sans résultats, nous ne le revîmes plus.

Et le bougonnant Parthenay, très sensé et très révolutionnaire sous sa rude enveloppe ! Il venait à l’anarchie du blanquisme et, comme ceux qui avaient traversé ce parti, assez énergiques pour y avoir séjourné, assez raisonneurs pour en être sortis, il apportait des qualités de ténacité et de précision.

Blanqui était bien le Gaulois latinisé, matérialisant le but et ne perdant pas de vue l’objectif pour le subjectif. Autoritaire, certes, mais qui, comme le dogmatique Karl Marx et le libertaire Bakounine, incarnait bien le tempérament d’une race.

Au contraire, le socialisme modéré et tâtillonneur avec un fond de sentimentalisme, semble avoir pris naissance chez les Celtes : Français du nord, Belges et Anglais. Ceux d’entre eux qui, larges d’allures, sont, comme Tortelier, venus du parti ouvrier à l’anarchie, ont généralement montré plus d’enthousiasme idéaliste que de révolutionnarisme pratique. Attendant tout de la masse, beaucoup plus que d’eux-mêmes, renonçant souvent à préconiser des solutions de peur de passer pour autoritaires, ils oubliaient qu’ils avaient droit de parler haut et d’agir, comme partie intégrante, non la moins bonne, de cette même masse. La masse, hélas ! son propre n’est-il pas de se réveiller de son séculaire sommeil une fois tous les vingt ans ? Quelques-uns la croient toute-puissante parce qu’elle suit aveuglément des individus qui surgissent de son sein et parce qu’elle a la force du nombre. Ils citent à l’appui de leur dire la prise de la Bastille, défendue contre tout un faubourg par une poignée d’invalides et de Suisses presque sans munitions