Page:Malato - De la Commune à l'anarchie, Tresse et Stock, 1894.djvu/96

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Quelle vie aventureuse était la leur ! Pendant des jours, des semaines, des mois, ils erraient, creusaient le sol, campaient à la belle étoile, vivant autant dire de rien. Leur biscuit s’avariait, ils le mangeaient quand même, additionné de quelques racines sauvages ; l’eau puisée au dernier ruisseau devenait fétide, ils la buvaient, cependant, et quand ils n’en avaient plus, ils ne reculaient pas devant l’absorption de leur urine. Mais aussi, lorsque, favorisés de la chance, ils avaient découvert un gisement et touché du généreux capitaliste quelques billets de mille francs contre la cession d’une propriété valant un million ou deux, quelle noce !

La côte est, essentiellement métallifère, était en 1876, parcourue, surtout de Momo à Yaté, par des prospecteurs allant soit isolés soit en petites bandes, à la recherche du nickel. Dans le nord, la présence de l’or avait déjà été constatée, le long du Diahot, mais combien ce roi des métaux était-il difficile à recueillir ! Les mineurs d’Australie ont émis, à cet égard, un axiome devenu populaire : « cuivre donne richesse, argent moyenne aisance, or ruine. » En effet, les frais d’extraction absorbent souvent le produit et au-delà. De 1871 à 1875, la mine la Fern Hill avait rendu pour 700.000 francs d’or ; mais après avoir exploité les couches supérieures, on se trouva, comme d’habitude, arrêté par l’eau et les matières étrangères, antimoine, sulfures. En 1877, sept de nos amis, presque tous déportés, découvrirent un important gisement aurifère à Galarinou, au sud d’Oubatche. L’adversité les avait unis, l’ombre de la richesse les brouilla : auri sacra fames !

Vers Touo-Wagap, finit le nickel et commence l’or, qui s’étendant vers le nord de l’île, doit évidemment