Page:Malato - Philosophie de l'Anarchie, Stock, 1897.djvu/174

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aujourd’hui, comme jadis, tous les hommes auront le droit de vivre et d’être libres ; chez les Lapons comme chez les Français, comme chez les Chinois, chacun, en dépit des lois plus ou moins baroques, a le droit de manger, de se vêtir et de s’abriter, et, tandis que la loi défend au malheureux vagabond d’apaiser sa faim avec les fruits de la terre et de reposer sa tête même sur le sol nu, le droit lui crie : « Mange et dors ! »

Le droit est la négation de la loi humaine par cela seul qu’il est l’affirmation de la loi naturelle.

Les lois naturelles, auxquelles nous sommes tous soumis, qui nous ont faits ce que nous sommes, ont donné à l’homme un estomac, — et il a le droit de manger ; — un cerveau, — et il a le droit de penser ; — des sens, — et il a le droit d’aimer.

Le droit est juste parce qu’il est essentiellement humain ; la loi, au contraire, est essentiellement tyrannique parce qu’elle est faite par des hommes contre d’autres hommes. Tout individu sain d’esprit connaît,