Page:Malato - Philosophie de l'Anarchie, Stock, 1897.djvu/179

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en un mot, tout ce qui concerne la vie sociale.

Une société libre pourrait-elle être une société d’égaux ? liberté, égalité, ces deux idées ne sont-elles pas incompatibles ?

Incompatibles, oui évidemment, si, par égalité, on entend identité. Certains socialistes, poussant l’esprit de système à des limites invraisemblables, voudraient que tous, mangeant à la même table, consommassent le même nombre et la même qualité de mets, fussent habillés d’une même étoffe, logés et meublés pareillement : on a peine à croire à un pareil fanatisme. Si un tel genre de vie prévalait, le spleen ne tarderait pas à s’emparer de l’humanité et le suicide à devenir le grand refuge.

Mais, par égalité, les hommes sensés ne peuvent entendre l’égalité physique, intellectuelle, et morale qui réduirait notre espèce à un seul homme tiré à des millions d’exemplaires. Ce serait la mort du progrès qu’alimentent seuls la diversité, le choc des idées et des efforts.