Page:Malato - Philosophie de l'Anarchie, Stock, 1897.djvu/62

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conforme au mouvement des choses, qui est de préconiser la fédération des peuples libres, constituant une patrie unique, sans rivale [1].


On peut objecter que la fusion de tant d’éléments ethniques différents ne se fera pas du premier coup. Il est vraisemblable que les premières à se grouper entre elles seront les nations de même race ayant des

  1. Le principal sinon le seul obstacle à la fédération des peuples, c’est l’existence des gouvernements même républicains. Ainsi, par suite des intérêts de la classe capitaliste et gouvernementale, les Républiques de l’Amérique latine, quoique de même race et de même langue, sont souvent en guerre les unes contre les autres. Croit-on qu’une république universelle pourra s’établir tant qu’il y aura des préjugés de patrie et des gouvernements rivaux à Washington, Paris, Londres, Berlin, Vienne Saint-Pétersbourg, Rome, Mexico ? Ces gouvernements consentiraient-ils à se dissoudre ou à se subordonner les uns aux autres pour opérer le rapprochement des nations ? Certes non, l’unité humaine, à laquelle nous marchons indiscutablement, ne s’établira donc que par la suppression des frontières et des gouvernements.