Page:Malato - Philosophie de l'Anarchie, Stock, 1897.djvu/90

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génies Copernic, Kepler, Galilée, Newton, Laplace, se basent sur les travaux, parfois éclatants, souvent modestes d’une foule d’autres hommes. Que serait la locomotive sans le forgeron, le fondeur, le mineur, le chauffeur, le mécanicien ? Les ingénieurs, jeteurs de ponts ou perceurs d’isthmes, seraient-ils jamais arrivés à concevoir et faire exécuter les gigantesques travaux dont ils ont seuls l’honneur, sans le concours du carrier, du maçon, du charpentier, de tous ces obscurs manouvriers et aussi sans le professeur qui leur a enseigné jadis la géométrie et l’algèbre ?

La propriété intellectuelle, que l’on est forcé de défendre avec acharnement dans un milieu où tout est monopole et exploitation, où le pauvre de génie est à la merci du riche ignorant, n’a plus raison d’exister dans une société communiste-anarchiste ; elle tombera immédiatement dans le domaine public. Les inventeurs, jusqu’ici dupés, frustrés, affamés par les capitalistes, n’y perdront rien. Ils auront la joie de voir leurs