Page:Malato - Philosophie de l'Anarchie, Stock, 1897.djvu/99

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de ces établissements, assez analogues à nos grands bazars. Les autoritaires les conçoivent fonctionnant sous la tutelle de l’État avec une administration assez compliquée, délivrant des produits en échange de bons de travail. Les anarchistes, partisans de la production selon les forces de l’individu et de la consommation selon ses besoins [1], préconisent la prise au tas par les

  1. La formule produire selon ses forces et consommer selon ses besoins, dont se servent les communistes-anarchistes, ne reflète cependant pas exactement leur pensée. Voulant assurer à l’homme toute son autonomie, ils doivent le laisser libre de travailler non selon son pouvoir mais selon son vouloir. Du reste, la socialisation de l’outillage devant amener logiquement la réduction des heures de travail en même temps qu’un énorme accroissement de production, peu importera que, tel jour, un individu délaisse sa tâche s’il se rattrape le lendemain ou les jours suivants. D’ailleurs comment pourrait-on déterminer exactement les forces et les besoins de chacun ? Le mieux sera encore de s’en rapporter aux individus eux-mêmes qui, certes, n’abandonneront pas le labeur parce qu’ils travailleront pour eux et non pour des parasites et n’accapareront pas les produits au delà de leurs besoins s’ils sont sûrs d’en retrouver le lendemain.