Page:Mallarmé - Œuvres complètes, 1951.djvu/790

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son génie et d’applaudir une comédienne célèbre et une jeune femme d’une grande originalité, prcte à le devenir. La date, on l’ignore, mais l’apparition, non, de cette Pari-siane, par M. Barrière, au Vaudeveille, qui tentera avec elle comme il a tenté, ces derniers jours, avec Marcelle de MM. Dennery et Brésil, de déchirer, une seconde fois, le voile de somnolence et d’oubli derrière quoi remuèrent, ces quatre mois, tant de personnages usés à en paraître des fantômes; et cela, dans la plus adorablement moderne des salles! Tout le monde s’obstine à ne s’endormir pas, même sur une caisse emplie d’or : car en plein bonheur de U Officier de Fortune, l’Ambigu, malgré la poursuite sur les glaces et l’évasion hors du pavillon qui tourne, ces trouvailles, et malgré simplement la valeur propre du drame, commencera les répétitions actives de Cocagne, par Ferdinand Dugué et Anicet Bourgeois, ce mort de tant de talent; après quoi l’on songe déjà à Cromwell, l’œuvre de Victor Séjour qui, à sa couronne d’immortelles récente, verra aussi s’ajouter des fleurs vivantes et trois ou quatre feuilles de laurier vert. Ainsi, au moment où Paris regarde, non sans un véritable intérêt, sortir de la désuétude, afin de les y faire rentrer sciemment, les pièces reprises par la Porte Saint-Martin de ce noble Casimir Delavigne, à commencer par Don Juan d’Autriche, il n’ignore pas qu’extraordinaire, vraiment par le seul chiffre des dépenses invoquées, 150.000 francs, le Voyage autour du Monde, cette féerie, ce drame, cet atlas vivant de géographie, joint à tout le reste les noms populaires de Dennery et du très-curieux Jules Verne. Assez! car chaque citation nouvelle nous fait remarquer cent oublis, et notre but n’était que de bien montrer, pour nous attirer d’autres révélations, qu’excepté le ballet des Djinns étudié par l’Opéra populaire, mais nous ne parlons même pas de la Danse! dont la musique est du prince Jean Trou-betzkoï, attaché de l’ambassade de Russie à Paris et, cette seule indiscrétion connue de nous, la réception à l’un des grands théâtres de drame d’une pièce historique, le Devoir (ce serait le devoir civique) signée du nom point d’un gentilhomme, mais de son château; nous n’avons saisi, dans la prétention chuchotée derrière quelques éventails : (à savoir ceci, le Mémorial nobiliaire ou la liste des agents de change près la Bourse de Paris simplement copiés par les afficheurs de théâtres) autre chose qu’un murmure charmant, tout nouveau et frivole, mais insuffisant pour l’Histoire. Tandis que voulez-vous d’autres noms encore, pour clore une information déjà ample; et j’ai gardé afin d’affirmer ma victoire en tant que Chroniqueur exact, ceux-là qui me sont les plus chers : quelques-uns de collaborateurs ici même et d’autres amis ? M. Catulle Mendès,