Page:Mallarmé - Notes sur le théâtre.djvu/26

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défierais. Une à une reprendre sur notre scène officielle et comme exprès rétrospective ces pièces déjà, qui du soir de leur succè furent évidentes, pour que le travailleur groupe à l’entour maint exemplaire du genre dont il a, par un fait historique très spécial, dégagé, sur le tard de notre littérature, la vive et sobre beauté. Ne feignons pas l’impatience d’une surprise quand elle a eu lieu et qu’il s’agit d’un art achevant ainsi avec un plus strict éclat qu’un des génies antérieures eût pu l’allumer, sa révélation, ou notre comédie de mœurs française. Ce tort ne me paraît autre que créer par inintelligence un embarras à l’artiste : et si, avec une crânerie qui caractérise sa physionomie littéraire, ce lui plaît de remontrer un hiver quelque magnifique ébauche préparatoire inachevée par places et aussi plus intense de coloration amère, ou suave, et riche en passion et en jeunesse, pourquoi n’apporter pas devant cette exhumation hors d’injustes cartons très confiante, le retard de curiosité à quoi l’homme choyé par une subite notoriété a droit, mais faire payer à sa situation récente exceptionnelle, comme une imprudence, ce qui n’est point de l’audace ! Sûr après un laps de quinze ans, il présenta, sans le souci de le relier ni d’y faire de retouche, cet ensemble superbe plus que disparate de morceaux d’un jet magistral.


Mais où poind, et je l’exhibe avec dandysme, mon incompétence, au sujet d’autre chose que l’absolu, c’est le doute à savoir qui d’abord abominer : un intrus apportant sa marchandise différente de l’extase et du faste, ou le vain prêtre qui endosse une vacance d’insignes pour néanmoins officier.

Avec l’imprudence de faits divers ou du trompe-l’œil