Page:Marguerite de Navarre - L’Heptaméron, éd. Lincy & Montaiglon, tome II.djvu/303

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La quatriesme journée

En la quatriesme journée, on devise principalement de la vertueuse patience et longue attente des dames pour gaingner leurs marys; et la prudence dont ont usé les hommes envers les femmes, pour conserver l'honneur de leurs maisons et lignage.


Prologue

Madame Oisille, selon sa bonne coustume, se leva le lendemain beaucoup plus matin que les autres, et, en meditant son livre de la Saincte Escripture, attendit la compaignye, qui peu à peu se rassembla. Et les plus paresseux s'excuserent sur la parolle de Dieu, disans: "J'ay une femme, je n'y puis aller si tost." Parquoy, Hircan et sa femme Parlamente trouverent la leçon bien commancée. Mais Oisille sceut très bien sercher le passaige où l'Escripture reprent ceulx qui sont negligens d'oyr ceste saincte parolle; et non seullement leur lisoit