Page:Marguerite de Navarre - L’Heptaméron, éd. Lincy & Montaiglon, tome II.djvu/327

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Trente troisiesme nouvelle

L’ypocrisye et mechanceté d’un curé, qui, sous le manteau de sainteté, avoit engroissié sa sœur, fut descouverte par la sagesse du comted’Angoulesme, par le commandement duquel la justice en feit punition.

Le conte Charles d’Angoulesme, pere du Roy François prince fidelle et craingnant Dieu, estoit à Coignac, que l’on luy racompta que, en ung villaige près de là, nommé Cherves, y avoit une fille vierge vivant si austerement, que c’estoit chose admirable, laquelle toutesfois estoit trouvée grosse. Ce que elle ne dissimuloit poinct, et asseuroit tout le peuple que jamais elle n’avoit congneu homme et qu’elle ne sçavoit comme le cas luy estoit advenu, sinon que ce fut œuvre du Sainct Esperit; ce que le peuple croyoit facillement, et la tenoient et reputoient entre eulx comme pour une seconde Vierge Marie,