Page:Marie de France - Poésies, éd. Roquefort, I, 1820.djvu/417

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LAI D’ELIDUC.


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Je vais franchement réciter un très-ancien Lai breton, et je le rapporterai tel que je l’ai appris, sans y rien changer.

Il étoit en Bretagne un chevalier brave, courtois et généreux appellé Eliduc, qui n’avoit pas son pareil dans le pays. Il avoit épousé une femme bien née, aussi aimable que sage qui faisoit son bonheur. Ils s’aimoient beaucoup quoiqu’ils fussent mariés depuis long-temps. Mais il advint que la guerre ayant été déclarée, Eliduc fut obligé d’aller combattre en pays étranger. Il y fit la connoissance d’une jeune personne d’une beauté rare, nommée Guillardun, laquelle étoit fille d’un roi et d’une reine. La femme d’Eliduc étoit appelée Guildeluec dans la Bretagne, aussi le Lai est-il intitulé de Guildeluec et de Guillardun après avoir porté le titre de Lai d’Eliduc. Mais ce titre a été changé à cause des deux dames. Quoi qu’il en soit je vous di-