Page:Marivaux - Théâtre, vol. I.djvu/541

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Il m’est revenu que vous retardiez votre mariage avec le chevalier, par ménagement pour moi. Je vous suis obligée de l’attention ; mais je n’en ai pas besoin. Concluez, comtesse, plutôt aujourd’hui que demain ; c’est moi qui vous en sollicite. Adieu.


La Comtesse.

Attendez donc, marquise ; dites-moi s’il est vrai que vous vous aimiez, Dorante et vous, afin que je m’en réjouisse.


La Marquise.

Réjouissez-vous hardiment ; la nouvelle est bonne.


La Comtesse, riant.

En vérité ?


La Marquise.

Oui, comtesse ; hâtez-vous de finir. Adieu.

(Elle sort.)



Scène IX

LE CHEVALIER, LA COMTESSE, FRONTIN.



La Comtesse, riant.

Ah ! ah ! Elle se sauve ; la raillerie est un peu trop forte pour elle. Que la vanité fait jouer de plaisants rôles à de certaines femmes ! Car celle-ci meurt de dépit.


Le Chevalier.

Elle en a lé cœur palpitant, sandis !


Frontin.

La grimace que Dorante faisait tantôt, je viens de la retrouver sur sa physionomie. (Au Chevalier.) Mais, monsieur, parlez un peu de Lisette pour moi.


La Comtesse.

Que dit-il de Lisette ?