Page:Marivaux - Théâtre, vol. II.djvu/211

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congé, moi qui vous parle… Voici monsieur Remy ; je n’ai pas le temps de vous en dire davantage, et je vais m’éclaircir. (Elle va pour sortir.)



Scène V

MONSIEUR REMY, MADAME ARGANTE, LE COMTE, MARTON.



Monsieur Remy, à Marton, qui se retire.

Bonjour, ma nièce, puisque enfin il faut que vous la soyez. Savez-vous ce qu’on me veut ici ?


Marton, brusquement.

Passez, monsieur, et cherchez votre nièce ailleurs ; je n’aime point les mauvais plaisants.}}

(Elle sort.)

Monsieur Remy.

Voilà une petite fille bien incivile. (À Madame Argante.) On m’a dit de votre part de venir ici, madame ; de quoi est-il donc question ?


Madame Argante, d’un ton revêche.

Ah ! c’est donc vous, monsieur le procureur ?


Monsieur Remy.

Oui, madame ; je vous garantis que c’est moi-même.


Madame Argante.

Et de quoi vous êtes-vous avisé, je vous prie, de nous embarrasser d’un intendant de votre façon ?


Monsieur Remy.

Et par quel hasard madame y trouve-t-elle à redire ?