Page:Martel - Les Cévennes et la région des causses, 1893.djvu/28

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D’ici, on a grand’peine à spécifier quelle est la croupe qui forme la résurgescence des Cévennes. Un seuil voisin tombe même à 667 mètres.

Seulement, à 18 kilomètres au sud-ouest, la montagne de Marcou (an nord-ouest de Bédarieux) remonte à 1 094 mètres ; de son sommet à celui du Saint-Guiral, l’oiseau vole pendant plus de douze lieues et ne voit sous soi, au lieu d’une chaîne de montagnes, qu’un creux profond et une plaine haute : le creux est la vallée de l’Orb, la plaine est le Larzac,

Trop de géographie ! s’écrie le lecteur. D’accord ! Mais s’il vient de suivre attentivement sur la carte les deux précédentes pages, il aura compris le pays des Causses et rectifié dans son esprit une grosse erreur d’orographie.

Après le mont de Marcou, les sommités, de plus en plus confuses quant à la disposition et à la nomenclature, qui vont mourir à Naurouze (189 m.), ne dépassent nulle part 1 266 mètres.

« À l’orient de la source de l’Agout, du cirque de Plo-des-Brus, de la grandiose gorge granitique de l’Héric, plus que jamais la « Cévenne » se déchire. C’est le Caroux (1 093 m.), dominant l’Orb par des rocs de grand caractère : tout en raideur, il semble fort haut ; les siècles l’ont mis à vif ; il est tout en parois droites et lumineuses, en anfractuosités, en brèches, en « bouts du monde ». C’est le Marcou (1 094 m.), avec ses houillères de Craissessac et ses rochers de l’Olque, d’où le typhon des hauteurs jette en grande pluie d’impétueuses cascades. Ce sont les Garrigues, tranchées par l’Orb de Bédarieux, frôlées par l’Hérault de Saint-Guilhem, et dont le kermès ou garrus, chêne rabougri, voile mal la nudité. C’est l’Escandorgue avec ses dolomies, son cirque de Mourèze et ses restes d’antique volcanicité, qui, de butte de lave en butte de lave, descendent le fleuve Hérault jusqu’à la plage d’Agde et même jusque dans la mer, au noirâtre rocher de Brescou. » (O. Reclus.)

Comment accède-t-on aux merveilles des Causses ? D’abord par trois voies de fer :

1o Ligne de Clermont à Nîmes (Paris-Lyon-Méditerranée).

Stations de Langogne (Lozère), sur l’Allier ; — de Villefort (Lozère), sur un affluent du Chassezac ; — de Genolhac et d’Alais (Gard).

Embranchements d’Anduze (Gard) et de Ganges (Hérault) — le Vigan (Gard).

2o Ligne de Rodez à Béziers (Cie du Midi).

Stations de Sévérac-le-Château, Aguessac et Millau (Aveyron).

Embranchement de Clermont-l’Hérault—Lodève (Hérault).

3o Ligne de Neussargues (Cantal) à Sévérac-le-Château (Cie du Midi).

Stations de Saint-Flour, Garabit, Marvejols, la Canourgue.

Embranchement de Mende.

Puis, par de nombreuses routes prolongeant le chemin de fer :

De Langogne à Mende par Châteauneuf-de-Randon et le Palais du Roi ;

De Villefort à Mende par le col de Tribes, entre le Goulet et la Lozère ;

De Genolhac à Florac ou à Mende par Vialas, le col de Saint-Maurice, Pont-de-Montvert et le haut Tarn ;

D’Alais à Florac par Saint-Germain-de-Calberte et Barre-des-Cévennes ;

D’Anduze à Florac par Saint-Jean-du-Gard, Saint-André-de-Valborgne et le Pompidou ;

(Ces deux dernières voies et leurs dépendances sillonnent les ravins des Gardons et suivent les crêtes des Cévennes propres.)