Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome I.djvu/142

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histoire des églises et chapelles de lyon

Chazeaux compta d’ailleurs plusieurs abbesses de cette espèce : les Louise Savaron, les Cécile. Marthe et Marguerite d’Amanzé, les de Vauvinier, les de Verlrieu. En 1787, Bel-Air était bien déchu. Un acte de vente marque moitié moins de professes. La Révolution, là comme ailleurs, n’eut qu’à consommer, par la violence, le succès du mal de tiédeur et d’incrédulité qui l’avait annoncée.

Une note manuscrite donne un aperçu de l’état et de la disposition des bâtiments de Chazeaux à cette époque : « Les différents appartements composant cette dite maison étaient dans le bas, l’église, une très petite sacristie, le chœur des religieuses, un avant-chœur ; le réfectoire, la salle de communauté, la cuisine, la dépense et le lavoir. Au premier étage, trois pièces pour l’abbesse ; à la suite, et dans un corps de bâtiment attenant, douze chambres, dont dix occupées par les religieuses et deux par les pensionnaires. Au second étage, treize chambres occupées par les religieuses ; au troisième, neuf petites chambres, dont quatre occupées par les religieuses et cinq par les pensionnaires, le surplus consistant en grenier. Un second bâtiment en pisé donnait sur la montée de Fourvière, alors qu’une autre vieille maison, située de l’autre côté du chemin de Bel-Air, contenait cinq chambres pour les pensionnaires et des greniers ; dans un autre bâtiment se trouvait le parloir des religieuses, une écurie pour les vaches et un envier, enfin la petite maison du jardinier. »

Le 11 juin 1790, on fit un inventaire, dont le texte est conservé aux archives départementales ; il contient des renseignements intéressants sur la disposition des lieux. À cette époque, la propriété de Chazeaux comprenait » environ vingt-deux bicherées, » elle était limitée à l’est par le jardin de M. Gavinet et par le Chemin-Neuf, au midi par les Visitandines de l’Antiquaille et la propriété Imbert, à l’ouest par les possessions du chapitre de Fourvière et du sieur Ollivier, et au nord par les pères Récollets et les terres du sieur Gavinet. Du nord au midi, traversait le grand chemin de Saint-Paul aux portes de Saint-Just, aujourd’hui montée Saint-Barthélémy, sur lequel les religieuses de Chazeaux communiquaient par une galerie ou pont en pierre.

L’inventaire mentionne également les principaux objets d’art ou de valeur qui se trouvaient dans l’église ou la sacristie des Chazeaux. On y remarque : « Deux calices ; un ostensoir doré et une boîte en argent aussi doré en dedans seulement ; un ciboire doré ; un encensoir et sa navette en argent ; une boîte argent doré pour les saintes huiles ; un couvert d’argent ; une cuillère à café argent ; une paire de burette avec l’assiette argent ; une plaque pour le communicatoire argent doré ; vingt-huit chandeliers et deux croix ; une croix processionnelle, une lampe, le tout cuivre blanchi ; une fontaine en étain ; un bénitier ; trois petits chandeliers et un bassin cuivre doré ; trois douzaines d’aubes : six surplis, un rochet ; six douzaines de serviettes ou essuie-mains ; une douzaine et demie de nappes d’autel ; douze nappes de communion ; des tapis de table et d’autel en indienne ; un ornement complet ; dix-neuf chasubles bonnes ou mauvaises ; deux draps mortuaires ; quatre chapes et trois étoles ; des carreaux ou coussins et plusieurs tapis de pied pour les autels et cérémonies ; quatre missels et cartons d’autel ; deux niches de bois dorées pour l’exposition du saint Sacrement ; quatre candélabres pour les enterrements et trois autres