Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome I.djvu/322

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
272
histoire des églises et chapelles de lyon

les marques de la Commanderie ou hôpital, et de satisfaire par eux aux charges de leur fondation pour la retraite et nourriture des pauvres malades. »

Les réparations et constructions furent importantes comme on en peut juger par les prix-faits et factures datés de 1645 et années suivantes. On reconstruisit aussi l’église avec six chapelles, la sacristie, l’arrière-sacristie, enfin les marches d’entrée de l’église. La nef fut éclairée par dix fenêtres, les chapelles par six et les deux grandes portes surmontées chacune d’un dorman, le tout pour le prix de 800 livres. Les balustres de fer du chœur et des chapelles, coûtèrent 1900 livres tournois. Le beffroi fut construit en 1654 ; les jougs étaient en bois de noyer, le beffroi lui-même, la charpente et les montants en bois de chêne. La même année, le père Basile Graillat, supérieur et procureur de la commanderie, à qui est due la majeure partie de ces réparations, commanda à Pierre Livet, fondeur à Lyon, huit cloches formant accord musical, au prix de 75 livres le quintal de bronze. La première serait du poids de 55 à 60 livres, les sept autres à proportion en augmentant de poids ; les cloches devaient donner respectivement les notes , mi, fa, sol, , mi, fa. Deux ans plus tard, le même religieux commandait aux sieurs Marchai et de Taux, fondeurs de cloches, demeurant à Martini en Lorraine, pour la vieille église du monastère, six cloches de bon métal, la plus grosse de 6 quintaux et les autres à proportion, en sorte que toutes ensemble atteignissent le poids de deux milliers et deux quintaux. L’accord serait parfait et offrirait les six tons : ut, , mi, fa, sol, la.

Dès 1642, le père Graillai, avait commandé à Innocent Madin, peintre de Lyon, six grands tableaux à l’huile avec leurs ornements, moyennant la somme de 565 livres tournois. Le couvent se chargeait de fournir les châssis, molières et toiles. Plus tard, en 1697, on donnait 90 livres au sieur Bernard pour un tableau : Joseph vendu par ses frères ; tableau qui fut posé sur la galerie.

Pour faciliter le passage des chapelles situées « du côté de vent » au chœur de l’église, le père Graillat acheta, au prix de 100 livres tournois, à Claude Fayolle, maître forgeur à Lyon, « l’étendue de 18 pouces d’enfoncement dans la muraille de sa maison, outre le gros de mur et de 6 pieds 8 pouces de hauteur, pour le posage de deux portes en l’angle de muraille mitoyenne séparant la maison de Fayolle sise en la rue Saint-Antoine de Lyon, d’avec les fonds de la commanderie des côtés de bise et du soir ».

Un état des dépenses faites pour la reconstruction du couvent, en 1695, se monte à la somme de 18.731 livres 15 sous. Pour subvenir à cette dépense on emprunta 17.510 livres. La construction de l’église achevée, on songea à procéder à la consécration solennelle. Une difficulté se présentait : la chapelle était contiguë à des maisons particulières, en sorte qu’on ne pouvait en faire le tour comme le réclame le cérémonial. On consulta la Congrégation des rites, qui, par rescrit du 22 août 1655, signé du cardinal de Médicis, évêque d’Ostie, accorda toute dispense, pourvu que dans la cérémonie du sacre on gardât les règles du pontifical Romain.

L’église Saint-Antoine de Lyon possédait de nombreuses reliques, qu’elle conservait avec un soin jaloux. Citons-en quelques-unes. Le 4 février 1650, « Antoine Panotus de Velletri, auditeur de son Éminence Mgr Martius Ginet, cardinal prêtre du titre de Saint-Pierre-