Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome I.djvu/372

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histoire des églises et chapelles de lyon

le crucifix qui se dresse au milieu de la tribune inférieure, ils le désignent du geste et du regard et portent sur des banderoles ces mots : Regardez, ô Dieu, notre protecteur, la face de votre Christ. Six vitraux éclairent la chapelle, un à chaque travée. Ce sont de vastes rosaces, sorties des ateliers de Miciol, artiste lyonnais, jadis grand prix de Rome. Voici l’exacte description des sujets représentés. Les deux premières verrières expriment le mot adorer : ils représentent la touchante histoire de Jésus au puits de Jacob et l’Adoration des Mages. Les deux suivantes rappellent que l’adoration se fait en union avec Jésus-Hostie. D’une part, Notre-Seigneur consacre le pain, qui est, en effet, le trait d’union entre lui et les âmes ; de l’autre, l’apôtre saint Jean donne Jésus à Marie et lui répète le mot du Calvaire : Femme, voilà votre Fils. Cette scène est en partie la reproduction d’une toile conservée au grand séminaire de Lyon. Les derniers vitraux achèvent de préciser la pensée réparatrice : Marie, au pied de la croix, fait face à Notre-Seigneur au jardin de Gethsémani. L’artiste s’est inspiré de Paul Delaroche et de la fresque de Flandrin à Saint-Germain-des-Prés ».

Dans la chapelle se trouvent deux bons tableaux : une Mater Dolorosa et une sainte Face, reproduction de toiles peintes par la fondatrice. Sous les tribunes, les statues de trois personnages de l’Ancien Testament : Melchisédech offrant le pain et le vin ; Abraham avec le couteau et la flamme du sacrifice, et Moïse descendant du Sinaï avec les tables de la loi.

Une porte pratiquée dans la muraille de gauche porte ces mots : Chemin de croix. Devant nous un Ecce Homo, puis, de chaque côté, sous une voûte d’aspect claustral, les quatorze scènes de la passion enchâssées dans le mur et dues, comme la statue de l’Homme-Dieu, au ciseau de Fabisch. Ces groupes sont pleins de mouvement et remarquables de vie. Au fond, noyée dans une grisaille, une croix rouge surmontée d’un diadème royal.

MARIE-AUXILIATRICE

Sophie de Soubiran, future fondatrice des religieuses de Marie-Auxiliatrice, naquit du mariage de M. de Soubiran avec Noémie de Gelis de Lisle d’Alby, le 16 mai 1834 ; le 17, elle fut baptisée. À l’âge de trois ans elle est guérie de la fièvre typhoïde, grâce à l’intercession de Marie, pour laquelle elle conserva une sincère reconnaissance. Elle fit sa première communion le 29 juin 184.5, et éprouva, dès cette époque, un pressant attrait pour la vie religieuse. Plus tard, elle se dévoua à la congrégation des enfants de Marie de Castelnaudary, dont son oncle était le directeur. Elle se crut la vocation d’entrer au Carmel, mais ses directeurs l’en éloignèrent. Son oncle, le chanoine de Soubiran, la poussa à l’établissement d’un béguinage au Bon-Secours de Castelnaudary. Elle prit en religion le nom de sœur Marie-Thérèse. Mais ses compagnes et elle désiraient une vie religieuse