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histoire des églises et chapelles de lyon

sentement positif et agrément du roy de l’établissement des Trinitaires en la ville de Lyon, pour concourir au soulagement des pauvres captifs, pour lesquels Sa Majesté a toujours donné des marques de miséricorde ».

Les Trinitaires furent aidés dans leur établissement par la charité et les legs de personnes pieuses faits en faveur des captifs chrétiens, livrés à la fureur des mahométans. Ils payèrent toujours, d’ailleurs, les amortissements de leurs acquisitions ou de ces legs pieux.

En 1658, le P. Roch Blanc, visiteur provincial de la congrégation réformée des Trinitaires de Provence, s’adressant à Antoine de Neuville, abbé de Saint-Just et vicaire général de Lyon, lui demandait l’autorisation d’établir à Lyon un hospice où habiteraient quelques moines, pour recevoir les religieux qui passent dans cette ville en conduisant les captifs rachetés qu’on mène ordinairement des ports de Provence à Paris, comme aussi pour aider à la communication des couvents situés à Paris avec ceux des provinces voisines. Camille de Neuville, persuadé des avantages que procurait à la chrétienté l’institut des Trinitaires, permit, le 16 juillet 1658, « aux religieux de la province de Provence d’établir, selon les formes, pouvoirs et facultés de leurs règles, et aux termes du droit, un hospice de leur ordre en la maison sise en la montaigne du Gourguillon, qui fut cy devant habitée par les filles Pénitentes transférées au couvent de Bellecour, aux charges et conditions suivantes, savoir : qu’ils ne pourront prétendre que ce soit un couvent, mais seulement un hospice ; qu’ils ne pourront y chanter aucun office, mais seulement dire la messe les portes fermées ; ne pourront avoir aucune cloche ny clocher, ny s’immiscer en aucune façon à l’administration des sacremens ; sauf en tout les droits de monseigneur l’archevêque et de ses successeurs et les devoirs paroissiaux ».

Le 26 juillet de la même année, le prévôt des marchands et les échevins de Lyon permirent aux Trinitaires de s’établir dans notre ville, à condition qu’ils ne seraient pas à charge et qu’ils ne pourraient y quêter. Antoine de Neuville, vicaire général, écrivit, le 24 juin 1659, à l’archevêque de Lyon, en séjour à Paris, pour lui représenter que si les religieux ne pouvaient ouvrir leur chapelle au public, leur installation serait, en partie, infructueuse. En conséquence, le 26 juillet, monseigneur permettait « d’ouvrir la chapelle de leur hospice, dire publiquement la messe et les offices divins, suivant l’institution de leurs règles, dérogeant sur ce point à l’acte d’établissement, que nous voulons être observé et entretenu en tous ses autres points ».

Il importe de remarquer que ces religieux demeurèrent fidèles à leur règle de charité ; les preuves et les exemples abondent dans les documents. Bornons-nous à raconter le passage à Lyon de trois cent treize esclaves. Le bureau du conseil général s’assembla, le 11 septembre 1785, pour délibérer sur le choix de quatre confrères devant augmenter le nombre des quêteurs pour « la procession » des esclaves chrétiens qui devaient passer à Lyon. Les sieurs Billet, Cottent, Bégule et Maute voulurent bien se joindre aux sieurs Burlat et Auroux, choisis par le curé de Saint-Nizier, pour faire la quête. On s’engagea à bien traiter ces malheureux. « M. le recteur portant la parole a dit : que plusieurs compagnies, chapitres et corps de cette ville s’empressent à l’envi de donner