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saint michel

cienne paroisse Saint-Michel, devenue, au xviie siècle, la paroisse d’Ainay. Vers le même temps, Françoise de la Pérouse, femme de Claude Pécoil, lègue une somme de 40 livres pour donner le pain aux pauvres des petites écoles de la paroisse Saint-Michel. En 1688 est érigée à Saint-Michel, puis transférée plus tard à Ainay, une pieuse confrérie enrichie d’indulgences par le pape Innocent XI, sous le titre de Rénovation des promesses du Saint-Baptême et sous l’invocation de saint Jean-Baptiste.

Au mois de septembre 1404, saint Vincent Ferrier vint à Lyon, et donna à la Madeleine, annexe de Saint-Michel, une série de prédications qui durèrent seize jours, devant un auditoire si nombreux qu’il dut prêcher en plein air dans un pré appartenant à Jean Maignet, recteur de la chapelle de la Madeleine, qui reçut de la ville, à cette occasion, une indemnité de 10 livres pour réparation des dégâts causés chez lui par la foule.

Ainay et Saint-Michel en 1625 (d’après le plan de Simon Maupin).

L’église Saint-Michel était petite, très simple et fut longtemps sans clocher. L’abside seule était voûtée, la nef et les bas côtés ne l’étaient pas et mesuraient ensemble seulement vingt mètres en largeur sur vingt-cinq mètres en longueur. Sur le plan scénographique de la ville de Lyon au xvie siècle, l’église se termine à l’est par une abside et a son entrée au midi du côté de la Saône. Le plan de Simon Maupin de 1625 montre au contraire la façade, percée d’une rosace et de deux baies latérales et tournée du côté du levant. Y avait-il eu, dans l’intervalle, une transformation de l’édifice ? Quelques mots du mémoire écrit, en 1715, par les soins du Chapitre d’Ainay, à l’appui de sa prétention à la propriété de Saint-Michel, donneraient lieu de le croire. Il y est dit, en effet, que l’église avait été agrandie par la construction d’un nouveau chœur du côté ouest, à la place où était autrefois l’entrée principale. À la voûte du chœur on sculpta en relief les armes de l’archevêque Camille de Neuville. À la fin du xvie siècle, on éleva le clocher.

En 1666, l’église et la maison curiale étaient dans un imminent péril de ruine. L’archevêque, les échevins, l’abbé d’Ainay et les paroissiens contribuèrent à la restauration ; la ville donna 3.000 livres ; l’intendant Dugué et sa femme, paroissiens de Saint-Michel, firent une donation. La nef et les bas-côtés reçurent des voûtes ; on reconstruisit le chœur. Les vieux murs du temps de Carétène subsistèrent.

Ces restaurations ne devaient guère prolonger l’existence de Saint-Michel. Sa destruction, que le temps n’avait pu achever, ne devait pas tarder à devenir