Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome II.djvu/129

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trappistines

vénérable réformateur cherchait à répandre partout la précieuse semence, qu’il avait recueillie et conservée intacte à travers tant de vicissitudes et de périls. En 1804, il fit un voyage à Rome pour les intérêts de son ordre réformé, et en rapporta divers induits ainsi qu’un bref de Pie VII en faveur du tiers ordre cistercien. L’année suivante, il se rendit en Espagne, où il faillit être assassiné ; de retour en France, Napoléon l’accueillit favorablement, et lui confia l’établissement du mont Genèvre, destiné comme celui du Saint-Bernard, à donner l’hospitalité aux voyageurs et l’étape aux soldats qui passaient en Italie. Le champ de Dom Lestrange s’agrandissait de jour en jour ; il allait pourtant connaître l’épreuve : poursuivi par Napoléon à cause de sa fidélité à Pie VII, qu’il avait visité à Padoue dans sa prison, le P. Augustin dut se réfugier en Angleterre, et passa de là en Amérique, où il fonda plusieurs maisons. À la chute de l’empire, il revint en France et y rétablit les Trappistines.

Le quartier des Deux-Amants en 1550. (D’après le plan scénographique de Lyon).

On pense qu’il va vivre en paix, point du tout : il ne tarda pas à se rendre à Rome pour se disculper d’odieuses insinuations lancées contre son gouvernement et tomba malade au mont Cassin en 1826. Dieu qui voulait lui donner la consolation de mourir au milieu de ses enfants lui rendit la santé, et le vénérable supérieur revint en France en 1827 ; ce fut pour s’éteindre peu après à Lyon, dans la maison de ses religieuses ; il était âgé de soixante-treize ans, et en avait passé quarante-sept à la Trappe. Les travaux apostoliques de dom Augustin s’étendirent, on le voit, aux contrées les plus lointaines. On se bornera à retracer ici l’histoire du couvent de Lyon qui fut une de ses premières fondations et qui lui tenait tant à cœur qu’il voulut y terminer ses jours.

À la Restauration, Dom Lestrange, après s’être assuré au préalable la bonne disposition des autorités civile et ecclésiastique, acheta pour ses religieuses une maison à Caluire, au prolongement du faubourg delà Croix-Rousse. Le 13 mai 1817, onze trappistines s’établirent dans cette maison à laquelle elles donnèrent le nom de Notre-Dame-de-Toute-Consolation.

Dans l’esprit de leur supérieur, cette maison ne devait être qu’un asile passager, en attendant des jours meilleurs. Le dénuement dans lequel la communauté se trouvait auparavant avait décidé Dom Lestrange à accepter ce premier refuge, faute de ressources, pour s’en procurer un plus confortable et plus conforme à ses desseins. En outre, par suite de l’entrée de quelques novices, on se trouva bientôt trop à l’étroit dans la maison de Caluire. Ce motif décida les religieuses, alors régulièrement constituées, à chercher