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histoire des églises et chapelles de lyon

et du monastère, tel qu’il a existé. L’église n’a pas changé de place ; le clocher surmontait la façade actuelle : il ne fut démoli qu’au xviiie siècle comme menaçant ruine. Au devant se trouvait un cimetière transformé ensuite en une place. À côté de l’église on voyait le logement de l’abbesse, appelé hôtel abbatial ; sur la même ligne, les maisons particulières, bâties par les religieuses, se prolongeaient jusqu’à la rue Pizay. Sur la rue du Plâtre se trouvaient les dortoirs et galeries. Une enceinte assez vaste s’étendait au nord, bordée d’un mur, et à l’intérieur de ce vaste périmètre les dépendances et jardins. L’ancienne muraille de la ville, avec ses tours et contreforts, longeait la face nord du monastère ; les deux murailles n’étaient séparées que par une étroite ruelle. Aussi, lorsqu’en 1536, il fut question de démolir les anciennes fortifications et de combler les vieux fossés, à cause de l’accroissement de la population, une contestation s’éleva entre la ville et l’abbaye. Celle-ci en effet prétendait que l’espace compris actuellement entre le Rhône, la rue Lafont et la rue Puits-Gaillot relevait du couvent et qu’on ne pouvait rien y faire sans autorisation : l’abbesse craignait que des bâtiments y fussent construits qui auraient vue sur le monastère. Il y eut transaction ; le Consulat s’engagea à ne laisser construire aucun édifice approchant les murailles du couvent et à transformer en place publique les fossés et l’emplacement occupés aujourd’hui par la place des Terreaux et l’hôtel de ville. Il surgit un nouveau différend, lorsque, en 1646, on empiéta sur le terrain pour la construction de l’hôtel de ville. Le monastère obtint en compensation de faire une nouvelle construction projetée depuis longtemps, avec façade sur la place des Terreaux, et de faire construire tels bâtiments et boutiques que bon semblerait ; enfin la ville devait fournir une certaine somme pour faciliter la construction de la façade. L’architecte qui dressa les plans de cette colossale construction se nommait La Valfenière ; il avait présidé à la construction de nombreux monuments dans diverses villes. La première pierre du nouveau monastère fut posée en 1659 ; l’abbesse Anne d’Albert d’Ailly de Chaulnes dirigea les travaux qui furent achevés, après sa mort, par sa sœur qui lui avait succédé dans cette charge. La construction d’un monument aussi important ayant vile épuisé les ressources du monastère, il devint nécessaire de recourir à un emprunt difficilement réalisé. C’est ce qui explique que les travaux traînèrent en longueur, par manque de ressources et défaut d’unité dans la direction : en sorte que, en 1686, le bâtiment n’était pas encore terminé. Le manque de ressources empêcha aussi de couronner le monastère par un dôme imposant, comme on en avait eu l’intention.

Quelques renseignements sur l’organisation intérieure du monastère permettront de voir à quel usage étaient destinées les diverses salles qu’on admire aujourd’hui. La salle principale qui, après la Révolution, a longtemps servi de Bourse, était le réfectoire ; et celle située à l’est du grand escalier, la salle du chapitre. Au premier étage, du côté de la place des Terreaux et avançant sur la cour, se trouvait l’appartement de l’abbesse ; sous les cloîtres du premier étage s’ouvraient les cellules ou chambres des religieuses. Dans une pièce à l’angle nord-ouest était une chapelle dite du Saint-Sépulcre, parce que les religieuses défuntes y étaient exposées avant d’être portées à l’église. La salle de réunion des sociétés savantes était probablement la salle de communauté.