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histoire des églises et chapelles de lyon

1711. Les fondatrices avaient compris « qu’elles ne pouvaient seules rendre fixe et permanent un établissement si nécessaire, ni continuer l’éducation de ces filles à leurs frais, ni recevoir des aumônes par testament ou fondations, quoiqu’on leur eût déjà fait espérer une maison et des sommes considérables pour une si bonne œuvre ». Aussi l’archevêque érigea-t-il l’établissement en communauté séculière sous le vocable de l’Immaculée-Conception.

Mgr Cœur, évêque de Troyes.

Le consulat ne voulut pas demeurer en retard ; il accorda, le 10 décembre 1711, l’autorisation demandée par la communauté dite des Pauvres filles, toutefois aux conditions suivantes. Les directrices indiqueront au consulat « le lieu qu’elles destinent pour ledit établissement ; elles ne pourront faire bâtir que sur les alignemens qui leur seront donnés à la manière accoutumée ; elles seront soumises pour le temporel à l’autorité de nosseigneurs les gouverneurs, et à ceux qui commanderont en leur absence ; elles ne seront point à charge à la ville, et elles donneront communication au consulat des règlemens qui seront faits dans la suite pour la communauté avant de les mettre à exécution. Les eschevins donnent leur consentement, d’autant plus volontiers qu’ils sont persuadés que cet establissement sera très avantageux à la ville, utile au service de Dieu et à la religion et que la piété des personnes qui donnent charitablement leurs soins au succez d’un si louable dessein, mérite une particulière distinction ».

L’approbation royale ne devait venir que plus tard. En effet, dans une lettre dont le brouillon sans date a été conservé, Mgr François-Paul de Neuville de Villeroy, archevêque de Lyon, écrivait au roi qu’en arrivant dans son diocèse, il avait trouvé à Lyon une maison appelée la Providence, que Mgr de Saint-Georges, son prédécesseur, y avait établie ; il ajoutait que les dames directrices « pour continuer cette bonne œuvre avaient jette les yeux sur des filles sages, touttes personnes choisies, assemblées depuis quelques années, avec beaucoup d’édification, pour la conduite de cette maison, sous le nom des filles de la Trinité, sans autre engagement que celui de leur zèle et de leur bonne volonté. L’archevêque connaissait trop combien elles sont capables de cette conduite, pour ne pas les ayder de sa protection, d’autant plus qu’elles étaient choisies par les dites dames ; et les unes et les autres en tout soumises à son autorité et à ses règlemens. Mais comme cet établissement ne saurait subsister, le prélat priait Sa Majesté de l’autoriser par lettres patentes, sous le titre de maison ou hôpital de la Providence ou de communauté de Pauvres filles.