Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome II.djvu/95

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
81
sœurs saint-vincent de paul

pagné d’un tableau des ressources de l’œuvre qui peut se résumer ainsi. L’œuvre générale possède un revenu total de 4.832 francs ; le revenu des loyers est de 900 francs, soit un total de 5.732 francs. L’œuvre particulière de Saint-Jean possède un revenu annuel de 5.251 francs. Les quêtes produisent 3.000 francs et les annuités de 130 dames 3.120 francs, soit un total de 13.371 francs.

Le différend avec Saint-Georges se termina aux assemblées de juillet 1860 et janvier 1861. L’œuvre cédait à Saint-Georges les deux maisons estimées 18.000 francs, sur lesquelles il n’avait droit qu’à un tiers et en échange Saint-Georges offrit 600 francs de la rente annuelle qui lui était due. Saint-Jean gagnait à ce traité de n’avoir plus la charge de la réparation des deux maisons portant les nos 78 et 82.

Le 6 mars 1860, sœur Callamand écrivait au président du 10e comité de bienfaisance pour le prier de s’adresser au comité central et d’obtenir de la ville, le paiement d’une somme de 17.000 francs encore due pour la cession de terrains qu’on lui avait faite en 1843. Cette lettre importante fait l’historique de la maison et montre la propriété commune des sœurs et de l’œuvre Sainte-Françoise sur tout l’immeuble. Outre la question de justice, sœur Callamand invoquait le besoin de ressources pour réparer le mur lézardé du nouveau bâtiment, payer les dettes et construire une salle pour les pauvres.

Une œuvre fondée en 1860 par sœur Callamand fut celle des Bonnes Mères ou petit hospice pour les vieilles femmes. Le registre des Dames, du 13 mars 1860, appelle cette œuvre une providence de vieilles femmes créée chez les sœurs, et il ajoute « qu’elles pourront recevoir les portions de la marmite ».

Le 9 novembre 1861, M. Étienne, supérieur général de la congrégation de la Mission et des Filles de la Charité, installait à Lyon, montée Saint-Barthélémy, 34, deux de ses missionnaires et un frère. Ce retour à Lyon, des fils de Saint- Vincent, soixante-neuf ans après que la révolution les en avait chassés, fut une grande consolation pour sœur Callamand qui avait beaucoup travaillé à obtenir ce résultat, avec le concours de M. Brac de La Perrière, président des conférences de Saint- Vincent de Lyon. Le premier emploi des missionnaires fut l’aumônerie de deux réunions de la Sainte-Famille qui se faisaient l’une dans la crypte de l’Immaculée-Conception, l’autre dans [la chapelle du pensionnat des Frères des Écoles chrétiennes établi dans l’ancienne maison des Lazaristes et qui en porte encore le nom. Les missionnaires étant mal logés, ils s’installèrent en août 1862, montée du Chemin-Neuf, 49, et le 14, M. Étienne bénissait lui-même la chapelle et la Maison. Les sœurs eurent cette même année la consolation de voir s’installer à Lyon l’œuvre des Pauvres malades que M. Étienne avait rétablie à Paris en 1840. Le bureau de l’œuvre Sainte-Françoise fit bon accueil à cette œuvre-sœur, et le 10 mars 1863, comme témoignage de sympathie, mais sans engagement pour l’avenir, elle donna 300 francs à l’œuvre de la visite des malades pauvres.

Le 11 avril 1862, le registre des Dames signale le désir du bureau de faire nommer par le 10e comité de secours un architecte qui serait adjoint à celui de sœur Callamand, en vue de vérifier les travaux à faire rue du Doyenné, 4, c’est-à-dire pour la construction de la chapelle des enfants de Marie, avec au-dessous, une salle pour recevoir les pauvres.