Page:Marty - Les principaux monuments funéraires.djvu/271

La bibliothèque libre.
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

MME DE MONTMORENCY-LUXEMBOURG.




Montmorency-Luxembourg (Anne-Françoise-Charlotte, duchesse douairière de), veuve d’Anne-Léon duc de Montmorency décédé à Munster.

Madame de Montmorency était née le 17 novembre 1752. Douée dès son jeune âge des plus éminentes qualités et des vertueux sentimens qui caractérisent la noblesse de lame, elle fut pour ses illustres parens un objet de satisfaction et d’orgueil. A son entrée dans le monde, elle y parut avec tout l’éclat de son rang et tous les avantages qu’y avaient ajoutés la haute éducation qu’elle avait reçue ; son extrême décence, son noble maintien, et le charme d’une conversation spirituelle, ont souvent commandé l’admiration des cercles brilla ns dont elle était le plus bel ornement ; devenue épouse, elle se voua tout entière à remplir le tendre engagement qu’elle avait contracté ; jamais union ne fut plus douce ni plus fortunée, et elle fit son bonheur de consacrer le reste de sa vie à l’accomplissement du plus saint des devoirs.

Après nombre d’années d’une union inaltérable, la mort enleva à madame la duchesse de Montmorency un époux qu’elle avait tendrement aimé. Peut-être y eût-elle succombé si elle n’eût puisé sa résignation dans une piété sincère et fervente, première base de son éducation. Elle chercha un adoucissement à ses douleurs dans les jouissances durables et pures que donne l’exercice de la bienfaisance.

Jamais le malheur ne l’invoquait en vain, elle avait pour lui de douces paroles et des secours efficaces : combien de familles, qui semblaient vouées à l’infortune, lui durent une existence plus heureuse ; combien d’êtres accablés de misère, revirent, grâce à sa générosité, des jours meilleurs, et reçurent de son inépuisable charité des secours dont ils n’ont jamais connu la source. Partout enfin où madame la duchesse de Montmorency a porté ses pas, on l’a nommée la mère des pauvres ; et ce titre, elle le préférait à ceux que lui donnaient sa naissance et son rang.

Aussi, lorsque sa mort a été connue, un concours immense de malheureux s’est-il mêlé à la cérémonie funèbre qui a eu lieu à l’église de Saint-Thomas-d’Aquin ; ils ont accompagné son corps jusqu’au cimetière de Montmartre, où il fut déposé, et les regrets de cette foule qu’entrecoupaient les pleurs et les sanglots fut l’oraison funèbre la plus digne de sa mémoire.