Page:Marx - Misère de la philosophie.djvu/93

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

se vendre à un prix honnête. De tout temps, les bons bourgeois et les économistes philanthropes se sont plu à former ce vœu innocent.

Laissons parler le vieux Bois-Guillebert :

« Le prix des denrées, dit-il, doit toujours être proportionné, n’y ayant que cette intelligence qui les puisse faire vivre ensemble, pour se donner à tout moment (voilà l’échangeabilité continuelle de M. Proudhon), et recevoir réciproquement la naissance les unes des autres… Comme la richesse, donc, n’est que ce mélange continuel d’homme à homme, de métier à métier, etc., c’est un aveuglement effroyable que d’aller chercher la cause de la misère ailleurs que dans la cessation d’un pareil commerce, arrivée par le dérangement des proportions dans les prix. (Dissertation sur la nature des richesses, édit. Daire.)

Écoutons aussi un économiste moderne :

« Une grande loi qu’on doit appliquer à la production, c’est la loi de la proportionnalité (the law of proportion), qui, seule, peut préserver la continuité de la valeur… L’équivalent doit être garanti… Toutes les nations ont essayé à diverses époques, au moyen de nombreux règlements et restrictions commerciales, de réaliser jusqu’à un certain point cette loi de la proportionnalité ; mais l’égoïsme, inhérent à la nature de l’homme, l’a poussé à bouleverser tout ce régime réglementaire. Une production proportionnée (proportionate production), c’est la réalisation