Page:Marx - Salaires, prix, profits.djvu/12

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cinq schellings d’argent ? Parce que la somme des salaires est fixe. Mais pourquoi est-elle fixée à quatre schellings de marchandises ? Pourquoi pas à trois, à deux, ou à toute autre somme d’argent ? Si la limite de la somme des salaires est déterminée par une loi économique, indépendante également de la volonté du capitaliste et de la volonté de l’ouvrier, la première chose que le citoyen Weston avait à faire c’était de formuler cette loi, et la seconde c’était de la prouver. Puis il devait en outre prouver que la somme des salaires effectivement payés à chaque moment donné correspond toujours exactement à la somme nécessaire des salaires et ne s’en écarte jamais. Si, d’autre part, la limite donnée de la somme des salaires est fondée sur la simple volonté du capitaliste ou sur les bornes de son avarice, c’est là une limite arbitraire. Elle n’a rien de nécessaire. Elle peut être changée par la volonté du capitaliste et peut aussi, par conséquent, être changée contre sa volonté.

À l’appui de sa théorie et pour la rendre claire, le citoyen Weston nous a fait une comparaison : Quand une soupière, nous a-t-il dit, contient une certaine quantité de soupe destinée à un certain nombre de personnes, une augmentation de la grandeur des cuillères n’amènera aucune augmentation de la quantité de soupe. Il me permettra de lui dire que sa soupière cloche. Sa comparaison m’a rappelé celle du Romain Menenius Agrippa. Quand les plébéiens de Rome se mirent en grève contre les patriciens, le patricien Agrippa raconta aux grévistes que le ventre patricien nourrissait les