Page:Marx et Engels - Le manifeste communiste, II.djvu/202

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de la fonder. Ce qui est plus grave que leur erreur propre dans le choix des moyens, c’est la résistance qu’ils opposent aux moyens différents et plus efficaces. L’amour de la paix, naturel aux rêveurs solitaires de la première génération, devient, chez les disciples, fanatisme de l’ordre. « La voix du tocsin, ce cri funeste : aux armes ! doivent cesser de se faire entendre, » dit Bazard[1]. Les fouriéristes proclament à l’envi leur indifférence poux la forme du gouvernement. Leur démocratie, non seulement sera tout industrielle, mais elle sera pacifique. Ils répudient l’action révolutionnaire, des partisans de la Réforme. Ainsi encore, les owenistes d’Angleterre « sont paisibles et apprivoisés, et ils reconnaissent la légitimité de l’état existant, si mauvais soit-il, en ce sens qu’ils répudient toute autre voie que celle de la persuasion »[2]. Ils repoussent l’alliance des hommes de la « force physique » ; C’est le signe le plus certain que leur « science sociale » a cessé d’être en contact avec les faits. Car une science qui suit le mouvement des faits et s’y associe en connaissance de cause cesse d’être doctrinaire pour travailler à la Révolution[3].


IV
Attitude des communistes devant les divers partis d’opposition


75-78. Les fins du communisme étant ainsi

  1. Bazard. Doctrine saint-simonienne, p. 313.
  2. Engels, Lage der arbeitenden Klassen, p. 239.
  3. Marx. Anti-Proudhon, p. 174.