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ÉPILOGUE

Trois mois après Raymond et Suzanne revinrent d’Italie.

Le matin même était arrivée une lettre d’Afrique, envoyée par Pierre.

Cette lettre fit pleurer Raymond.

De tristes pressentiments l’assaillaient.

Or ; le jour même de son mariage, à peu près à l’heure où Raymond avait conduit Suzanne à l’autel, toute blanche dans sa parure de mariée. Pierre se mourait de la fièvre, dans les solitudes désolées de l’enfer noir, Quand il se sentit atteint, il refusa de se soigner, acceptant comme une délivrance cette mort qu’il était venu chercher là et qu’il avait appelée de toutes ses espérances. Grâce à sa vigueur, il se débattit contre le mal pendant quelque temps.

Le cinquième mois, il rendit l’âme, souriant, là-bas, bien loin, sous le ciel torride, à l’image chaste de Suzanne, une dernière fois entrevue.

Et Ce qu’il dit, en mourant, parut résumer sa vie entière.

— Suzanne, Raymond, je vous ai bien aimés !

À New-York où leur père les avait emmenés, Raymond et Suzanne, délicieusement émus, ne pensaient plus qu’à eux-mêmes, oubliaient le resté du monde pour ne vivre que de leur amour.

Et Roger-la-Honte, — le sacrifié, — les considérait d’un regard attendri, né regrettant plus rien, ne souhaitant plus rien, puisqu’il voyait là deux heureux,

La mort de Pierre ne fut connue qu’un an après.

Cette nouvelle surprit Suzanne en couches ; elle venait de mettre au monde un garçon.

Celui-ci reçut le nom de Pierre.

Ainsi la vie se perpétue et se renouvelle sans cesse.


FIN