Page:Mary Summer - Histoire du Bouddha Sakya-Mouni, 1874.djvu/118

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n’êtes pas trop avancé dans la sainteté, il serait peut-être imprudent de braver le personnage. »

Sâkya eut un sourire qui signifiait : « Ne vous mettez pas en peine ; c’est mon affaire ; » et Kâcyapa l’abandonna à son malheureux sort, persuadé qu’au matin on le trouverait étranglé.

Le Nâga, fort régulier dans ses habitudes, vint à l’heure accoutumée. Furieux de voir un intrus, il lança sur lui une colonne de fumée, à laquelle le Bouddha riposta par une fumée plus épaisse. Le Nâga fit sortir des flammes ; le Bouddha en fit surgir dix fois davantage. À la fin, il saisit le monstre et l’enferma dans son pot à riz[1].

Qui fut étonné le lendemain matin ? ce fut Kâcyapa en voyant le prisonnier de son hôte. Plus poli que la veille, l’ermite proposa à Sâkya d’habiter un bosquet, situé au centre des jardins. C’était une résidence plus convenable que la cuisine, et le saint l’accepta volontiers. Le voilà au milieu de la place dont il voulait s’emparer. Sa douceur, sa parole séduisante, lui assu-

  1. Ceci rappelle les sorciers du moyen âge, qui enfermaient dans des bouteilles les démons, comme le Diable boiteux de Lesage.