Page:Mary Summer - Histoire du Bouddha Sakya-Mouni, 1874.djvu/129

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ment, et l’on aperçut la princesse, parée, hautaine, telle qu’une grande dame qui daigne recevoir un pauvre ascète. Bien des fois, dans sa tête, elle avait arrangé cette entrevue. Ah ! qu’elles sont vaines les résolutions d’un cœur passionné ! cette colère entretenue, développée par l’absence, qu’elle fond vite sous un premier regard ! Gôpâ se précipita aux pieds de son époux ; elle les embrassa humblement et y colla son beau front. Un coup d’œil de Sâkya aux deux religieux, qui ne comprenaient plus les passions, sembla leur demander grâce pour cette familiarité contraire aux règlements. Il releva doucement celle qui avait été sa femme, et lui adressa quelques paroles affectueuses. Pour toute réponse, Gôpâ fondait en larmes. Qu’avait-elle à dire ? À quoi eussent servi les plaintes et les reproches ? En vain Souddhôdana s’évertuait à mettre un peu de laisser-aller dans la conversation ; il vantait la constance de sa belle-fille ; le religieux gardait un silence contraint ; Gôpâ baissait les yeux, mécontente de ces confidences inopportunes. « La princesse, continua le bon roi, sans s’apercevoir de rien, suit maintenant la règle du couvent ; plus de parfums ni de bijoux ; n’a-t-elle pas eu la fantaisie de ne faire qu’un repas