Page:Mary Summer - Histoire du Bouddha Sakya-Mouni, 1874.djvu/190

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ils voulurent mettre le feu. En vain, à l’aide d’éventails, l’air fut agité autour de la pile funéraire ; le bois s’obstina à ne pas brûler. Anirouddha, consulté de nouveau, dit que les dieux voulaient laisser à Kâcyapa le temps de venir assister aux funérailles de son ami. Le grand théologien, avec cinq cents religieux, était attendu, de jour en jour, au pays de Pâwâ. Il apprit, par hasard, en route, la perte que les Bouddhistes venaient de faire. Éperdu, haletant, il arriva sur la place de Koucinagara ; et, s’agenouillant devant le bûcher, il fit une muette prière qui fut aussitôt exaucée. Le cercueil s’entr’ouvrit ; les cinq cents pièces de toile s’écartèrent, et les deux pieds du Bouddha apparurent, brillants comme le soleil et la lune. Le fidèle Kâcyapa baisa dévotement ces pieds, sous lesquels étaient marqués les signes des glorieuses destinées du sage. Quand tous les religieux eurent aussi rendu ce dernier hommage à leur maître, le monceau de draperies se referma comme par enchantement et, cette fois, les flammes jaillirent de toutes parts. Quelques instants après, de celui qui avait rempli l’Inde de sa renommée, il ne restait plus que des cendres et des ossements. On éteignit le feu avec du lait ; les précieuses re-